C’est depuis la capitale burundaise que le Togo a choisi de donner le ton de sa nouvelle ambition continentale en matière de sécurité financière. Le premier pré-lancement de la Grande Rencontre des Compliance & Risk Officers s’y est tenu, réunissant près de 250 professionnels venus de tous les horizons du secteur financier. Derrière cet événement, la vision portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, c’est de faire de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme un pilier de la paix et de la stabilité en Afrique.

De nos jours, la menace a changé de visage. Elle ne se manifeste plus seulement par des attaques armées, mais aussi par des flux financiers discrets, complexes et transfrontaliers qui permettent aux réseaux criminels et terroristes de se financer, de se déplacer et de se renforcer. Pour les neutraliser, il ne suffit plus d’agir sur le terrain, il faut aussi agir là où l’argent circule, en renforçant les contrôles, en détectant les opérations suspectes et en formant ceux qui sont chargés de les surveiller au quotidien.

C’est précisément le rôle des Compliance Officers et des Risk Officers. Dans les banques, les institutions de microfinance, les assurances, les fintechs, mais aussi au sein des autorités de régulation et des cellules de renseignement financier, ils constituent la première ligne de défense du système financier. C’est sur leur expertise, leur vigilance et leur capacité à appliquer les normes de conformité que repose en grande partie l’efficacité des dispositifs de lutte contre les circuits illicites.

Me Nikada Batchoudi, promoteur de la Grande Rencontre, ne cache pas le rôle moteur joué par le Togo dans cette dynamique. Il salue l’engagement du Gouvernement togolais et du Président du Conseil, qui placent la paix, la sécurité et l’intégrité du système financier mondial au cœur de leurs priorités. Pour lui, face à des menaces transnationales et en constante évolution, la formation des acteurs reste une nécessité permanente, un investissement indispensable pour rester à la hauteur des risques.

En choisissant Bujumbura comme première étape, les organisateurs ont voulu envoyer un message clair : la réponse ne peut pas être uniquement nationale. Elle doit être collective, africaine, fondée sur le partage d’expériences et l’harmonisation des pratiques. Aucun pays, aussi déterminé soit-il, ne peut à lui seul suivre des flux qui traversent plusieurs frontières et plusieurs juridictions. C’est en mutualisant les compétences que les dispositifs de prévention et de détection deviendront réellement efficaces.

La tournée ne fait d’ailleurs que commencer. Après le Burundi, la Grande Rencontre poursuivra son déploiement en République démocratique du Congo, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, avant de faire étape à Luxembourg et à Paris pour associer la diaspora professionnelle et les places financières partenaires. Chaque étape vise à élargir la communauté des professionnels engagés, à nourrir le débat et à préparer le grand rendez-vous final.

Ce rendez-vous, ce sera Lomé, du 6 au 8 juillet 2027. Pendant trois jours, la capitale togolaise accueillera la Grande Rencontre des Compliance & Risk Officers, avec l’ambition de consolider les échanges, de renforcer les mécanismes de coopération et de faire émerger des solutions concrètes face aux risques financiers et sécuritaires. De Bujumbura à Lomé, le Togo entend ainsi inscrire sa vision de la sécurité financière dans une perspective résolument continentale, convaincu qu’en coupant les financements illicites, on affaiblit durablement les réseaux qui menacent la paix.

 

 

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