Privatisation de la BTCI : Ce que les Togolais ne savent pas

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(Lopinion 17/08/2) La Banque togolaise pour le commerce et l’industrie (BTCI) est désormais aux mains de IB Holding. La privatisation validée par la représentation nationale  en 2018, donne 90% des actions au groupe dirigé  par Mahamadou Boukongou et 10% à l’État togolais.

La privatisation a été actée par le gouvernement le 11 août 2021 en Conseil des ministres avec l’adoption d’un projet de décret fixant les modalités et le prix de cession d’une partie des actions de l’État dans le capital social de la BTCI.  

L’ambition selon le gouvernement, est de rendre compétitive la BTCI, de préserver la stabilité du secteur financier et de permettre aux différentes entités bancaires de la place de pouvoir s’inscrire dans la concurrence avec les grandes.

Ce que beaucoup ignorent

La prise de la BTCI par IB Holding permet à cette banque togolaise de se relever financièrement de son déficit estimé à 25 milliards de francs CFA. Ce défit selon les informations, est dû aux multiples prêts non remboursés faits auprès de la banque. Pour la relance de la BTCI, IB Holding a comblé le déficit avec un surplus de 5 milliards, une chose que beaucoup ignorent du passe de la BTCI de l’État togolais aux mains de IB Holding.

Un processus transparent

Le processus autorisé par l’Assemblée nationale en 2018 a abouti, conformément aux dispositions légales, à la mise en place d’une Commission d’évaluation des privatisations (COMEP), afin de procéder à l’évaluation de la BTCI, de donner son avis sur le projet de cession et de proposer le juste prix.

D’après le gouvernement, le processus a suivi une démarche légale et inclusive avec l’implication des partenaires notamment le gouvernement, le secteur privé, l’association professionnelle des banques et établissements financiers, le patronat, la BCEAO et l’UEMOA avec l’appui technique du FMI et de la Banque mondiale.

Le gouvernement a donc décidé de céder sa participation au capital de cette banque publique à des investisseurs stratégiques disposant d’un solide réseau bancaire et financier. Cette approche va contribuer à garantir la stabilité financière et minimiser les coûts pour le budget de l’Etat.

Ainsi, le processus d’appel de pré-sélection des investisseurs pouvant être intéressés a été lancé en septembre 2019. Une centaine d’investisseurs avaient alors exprimé leur intérêt et cinq soumissionnaires ont été sélectionnés à l’issue de l’appel d’offres ouvert. Au bout du processus c’est la société de droit togolais IB Holding qui a été retenu.

Le gouvernement a procédé dans ce sens le 11 août 2021 en Conseil des ministres à l’adoption d’un projet de décret fixant les modalités et le prix de cession d’une partie des actions de l’Etat dans le capital social de la BTCI. Ce décret permet la poursuite du processus de cession d’une partie des actions détenues par l’Etat à IB Holding.

IB Holding, un opérateur bien aguerri

IB Holding n’est pas à ses débuts dans le secteur financier. Le groupe est déjà présent au Burkina et au Djibouti où il fait ses preuves.

« Le choix du partenaire stratégique a pris du temps. La durée du processus est justifiée par le niveau d’exigence de l’Etat togolais quant au partenaire stratégique à faire venir dans le capital social. Le partenaire IB Holding n’est pas étranger au secteur financier. Il a déjà fait ses preuves au Burkina et au Djibouti à travers sa filiale IB Banque, ce qui prouve sa capacité à mener à bien ce projet», a indiqué le ministre de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement, Prof Akodah Ayéwouadan.

Les employés conservent leurs intérêts

Selon le gouvernement, l’accord entre l’État togolais et IB Holding est conclu sur la base du nouveau Code du travail. Et donc  les intérêts des employés de la BTCI seront préservés.

« Dans la conduite de ce processus de privatisation qui devra assurément favoriser la contribution du système bancaire au financement de l’économie nationale, le gouvernement, qui conserve 10% du capital, veillera à la préservation des intérêts des employés ainsi qu’à la consolidation du système financier » peut-on dans le communiqué du Conseil des ministres.

Par la privatisation de ses banques, le Togo ambitionne de devenir un hub financier tout en donnant plus de force aux Banques.

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