Foot/Echec à répétition, frustration, démobilisation: Le nid des Éperviers est-il hanté ?

0

Ça démarre encore mal pour les Éperviers dans les éliminatoires de Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Apres avoir raté deux CAN successives, le public sportif rêve d’une qualification pour l’échéance de 2023 en Côte d’Ivoire, mais les premiers résultats des deux premiers matchs des éliminatoires font déjà voler en éclats les rêves. Que se passe-t-il exactement avec les Éperviers et le football togolais ? C’est une question qui taraude l’esprit de bon nombre de Togolais surtout ceux qui sont amoureux du ballon rond. Les performances de la sélection A Togolaise depuis des années laissent à désirer. De gros sous sont invertis et pourtant… On tente finalement d’expliquer cet échec à répétition par la spiritualité. Et Bodé Moustapha, un ancien membre du Staff des Éperviers dit en savoir assez et fait son déballage.

Deux matchs, une défaite et un nul avec au total 1 point -2, c’est le bilan du Togo après deux journées des éliminatoires de CAN Côte d’Ivoire 2023. Plus on avance plus le rêve des Togolais de participer à la prochaine messe continentale de football s’estompe. La défaite face au Cap-Vert (2-0) mardi démobilise et fait réfléchir les amoureux du ballon rond. Toujours le même scénario à chaque campagne. On nourrit des rêves, tout le monde se met en confiance, on démarre mal et puis finalement, on loupe la qualification.

« Tout le monde a besoin de faire une rétrospection, de réfléchir, se sentir mieux le maillot togolais, de jouer pour la patrie et de revenir en septembre avec plus d’esprit de gagne et de plaisir de jouer pour la nation. Le Public est déçu, c’est normal, mais il reste 4 matchs. Je les invite à continuer de nous soutenir parce que la fin justifiera les moyens » a déclaré Djene Dakonam, le Capitaine des Éperviers après la défaite contre le Cap-vert (en deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2023).

Ce dernier reste quand même confiant pour la qualification, mais la contre-performance de l’équipe ne rassure guère le public sportif togolais. L’impression est comme la sélection et le football togolais sont dans un cercle qui ne bouge pas. Tout a commencé véritablement après la qualification des Éperviers à la coupe du monde 2006 sous la houlette du technicien Nigerian, feu Stephen Keshi. Est-ce un sort jeté sur la sélection ou toujours la mauvaise préparation ?

Les avis sont partagés au sein de l’opinion. Il y en a qui pensent que le football togolais doit être totalement refondé avec une main basse sur toutes les compétitions internationales pendant au moins trois (3) ans. Le temps de préparer le football à la base et faire renaître d’autres générations de jeunes joueurs plus aguerris, capables de rivaliser avec les grands du continent et du monde.

Pour d’autres, l’on doit oublier la CAN 2023 et se préparer pour celle de 2025. Il s’agit selon ce courant de pensée, de mettre à profit, les quatre matchs restant pour poursuivre la reconstruction afin de mieux aborder la CAN 2025.

Un problème spirituel ?

Des générations de joueurs se succèdent, des entraîneurs se succèdent, d’importants moyens sont déployés par les autorités, mais le résultat reste à chaque fois une déception. Le Togo qui se qualifiait pour chaque deux Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au moins, a raté les deux dernières éditions consécutives sous l’ère Claude le Roy. Et rien ne présage une qualification à la nouvelle campagne des éliminatoires de CAN 2023 qui vient de démarrer, puisque le Togo n’a gagné qu’un seul point sur deux matchs joués.

Le pire est que « le sort » semble toucher toutes les autres catégories de la sélection nationale. Il y a seulement quelques semaines, les Éperviers U20 revenaient du tournoi de Niamey avec trois (3) matchs, trois (3) défaites. Le public sportif et les supporters, se sentent finalement démobilisés.

Le déballage de Bodé Moustapha

Bodé Moustapha, il était membre du staff de Stephen Keshi quand la sélection s’est qualifiée pour la première fois à une phase finale de coupe du monde. Il s’occupait également de la sécurité da sélection. Ce dernier explique les mésaventures des sélections togolaises par la spiritualité et les frustrations causées sur des acteurs de football dans le passé, à l’instar de lui-même. Sur une radio locale, cet acteur de football a clairement manifesté son indignation, son mécontentement par rapport au traitement à lui fait quand il servait la sélection.

« Je suis parti en coupe du monde avec zéro franc et je suis revenu avec zéro franc. Pendant que les joueurs prennent 50 Millions, nous, du staff, on devrait prend la moitié 25 millions » a indiqué Bodé Moustapha. Une somme que l’intéressé affirme n’avoir jamais perçue et pourtant, dit-il « c’est moi qui partageais les millions aux joueurs ».

Dans son message dont une séquence fait le tour des réseaux sociaux, Bodé Moustapha déclare détenir le secret pour faire renaître le football togolais de ses cendres et connaître les moments de gloire. Sauf qu’il n’est plus prêt à servir encore dans le bénévolat. Il pose alors sa condition.

« Si je ne trouve pas mes 25 millions, je ne fais rien. »

« Je vous jure, si je ne trouve pas mes 25 millions, je n’aide plus la sélection. Si les Éperviers ont match, et si je prends de l’eau, je reste à ma devanture, je parle et je la verse, les Éperviers peuvent tout faire… Parce qu’on m’a trop triché. J’ai souffert beaucoup pour la sélection » a signifié Monsieur Bodé.

La demande de Bodé Moustapha va-t-elle trouver échos favorables auprès des autorités ? Une chose est sûre, plusieurs d’autres togolais comme le Sieur Bodé, ruminent leur déboire avec le football togolais dans l’ombre. Que faire ? Pour l’heure, le football togolais sur tous les plans semble être en lambeau et nul ne sait d’où viendra le salut.

Stanislas AZIATO

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.