Togo: des revendeuses deviennent des « marchandises »

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Dans un mois, c’est la rentrée des classes pour les élèves et apprenants. Pour l’instant, ce sont les vacances. Si elles sont un moment de repos pour certains élèves, elles ne le sont pas pour d’autres qui sont obligés d’exercer de petits jobs pour aider financièrement leurs parents.

Que ce soit les filles ou garçons, ils sont nombreux à être occupés durant ces vacs. Objectif, gagner un peu d’argent pour payer les fournitures scolaires, payer la scolarité ou pour d’autres besoins.

Seulement l’exécution de ces petits jobs n’est pas toujours facile pour les jeunes filles. Elles parcourent les ruelles des quartiers vendant des beignets, des oranges, de l’arachide…

Elles cherchent de l’argent, mais pour y arriver elles doivent faire face aussi au harcèlement des hommes qui les appellent dans la rue avec l’intention d’avoir avec elle, des parties de jambes en air.

Eugénie, une élève de 19 ans qui passe en classe de terminale, ne dit pas le contraire.

« Je vends des oranges tous les jours. Chaque jour, quand je me promène avec ma marchandise, souvent les hommes m’appellent, pas forcément pour payer les oranges, mais pour me draguer. Parmi eux, il y a même des hommes âgés qui peuvent être mon Papa».

Pour Kafui, candidate malheureuse au BAC 2022, elle a l’impression d’être elle-même une marchandise que des hommes cherchent coûte que coûte à avoir au détriment des arachides qu’elle a dans sa bassine. 

« C’est comme je suis moi-même une marchandise. Des hommes m’appellent en route, font semblant de vouloir payer, mais c’est pour draguer. Ils réclament avec insistance mon numéro quand je refuse de le leur donner. Pour me débarrasser de certains, je leur donne le numéro mon Papa. C’est un peu compliqué pour moi. J’affronte ça tous les jours », s’est-elle plaint Kafui.

Si certaines de ces filles arrivent à se tirer d’affaire, il y en a qui se laissent avoir par ces hommes qui ne veulent que satisfaire leurs désirs sexuels avec de petites filles.

C’est le cas d’Yvette, jeune fille de 20 ans, tombée enceinte durant ces vacances d’un mécanicien à Lomé. Ses parents tout furieux se livrent.

« quand les vacances sont arrivées, Yvette s’est lancée dans de petits commerces. Nous avons trouvé que c’est une bonne chose, mais voici ce qu’elle nous ramène comme trophée, une grossesse d’un mois et demi », a laissé entendre Fo Djo, retraité, Papa d’Yvette.

Des cas similaires sont légion. Pour certains, tout ceci arrive en grande partie par faute de mauvais habillement des jeunes filles qui circulent en ville en habit non descent.

« On ne peut pas cautionner les hommes qui harcèlent les jeunes filles vendeuses. Mais il faut reconnaître que l’habillement de certaines d’entre elles laisse à désirer. Il y en a qui s’exhibent un peu trop en se promenant avec leur marchandise. Ce n’est pas une raison, mais ça provoque souvent les hommes, ça attirent plus le regard pas sur leurs marchandises, mais sur elles-mêmes», a estimé Monsieur Marcelin, Président des parents d’élèves d’une école de la place.

Stanislas AZIATO

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