Le diabète s’impose aujourd’hui comme l’un des plus grands défis sanitaires du Togo. Face à cette urgence, la Société de Médecine Interne du Togo, SOMINTO, a choisi de ne pas rester silencieuse par rapport à ce mal. Ainsi ce samedi 25 juillet 2026, à l’Agora Senghor de Lomé, ladite association a ouvert les premiers cours de diabétologie de l’année, entièrement consacrés aux actualités thérapeutiques de 2026. L’objectif est de réunir médecins, techniciens supérieurs de santé et infirmiers autour d’un projet commun qui est celui de renforcer leurs capacités pour faire face à une pathologie en pleine expansion.

Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la Politique des Nations Unies sur la prévention et le contrôle des Maladies Non Transmissibles. Les enquêtes STEPS menées au Togo en 2010 et 2021 ont donné l’alerte. La prévalence du diabète est passée de 2,6 % à 4,9 % chez les 18-69 ans en 11 ans. Une hausse qui inquiète et qui justifie une mobilisation accrue du ministère de la santé, déjà engagé avec la création de la division de la surveillance des MNT et l’élaboration du Plan Stratégique Intégré 2018-2022.

À travers ce constat, la SOMINTO mise sur la qualification des soignants comme réponse principale. Elle veut leur donner les connaissances et les réflexes nécessaires pour agir sur tous les fronts : prévention, dépistage, traitement et suivi. L’urgence impose une réponse structurée, basée sur la science et non sur l’improvisation, afin que chaque patient reçoive des soins adaptés et à jour.

Le contenu de la formation a couvert l’ensemble des enjeux actuels. Les échanges ont porté sur les mécanismes de la maladie, la gestion des urgences diabétiques, les complications à long terme, les protocoles d’insulinothérapie, l’accompagnement nutritionnel, la prise en charge du pied diabétique, le diabète pendant la grossesse, ainsi que les liens avec les maladies du cœur. Une large place a aussi été faite à l’activité physique, à la santé mentale et à l’éducation du patient, condition essentielle pour une bonne observance.

En ouvrant les travaux, le Professeur Mohaman DJIBRIL, président de la SOMINTO, a martelé que le diabète est sorti du cadre des maladies rares. Il touche désormais un nombre croissant de Togolais et constitue une urgence. Pour lui, les professionnels doivent se former en continu afin d’offrir des soins conformes aux dernières avancées. La diabétologie évolue en effet à grande vitesse avec de nouveaux traitements et de nouveaux dispositifs. Même si leur accès reste limité au Togo, il est crucial que les praticiens s’en saisissent dès maintenant pour être opérationnels le moment venu et aligner progressivement le pays sur les pratiques internationales.

Le président de la SOMINTO a également annoncé que cette dynamique ne s’arrêtera pas là. L’organisation prévoit d’institutionnaliser ces sessions à raison de deux rendez-vous annuels. L’idée est d’assurer une veille scientifique permanente et d’accompagner les soignants dans les mutations rapides de la prise en charge du diabète.

Interrogé sur les leviers pour freiner la maladie, le Professeur DJIBRIL a mis l’accent sur le dépistage précoce. Car il a fait savoir que trop souvent, le diagnostic intervient tard, et lors d’une complication sévère comme un coma ou une insuffisance rénale. Or, il a signifié que identifier le diabète à temps, permet de commencer le traitement rapidement et de limiter les dégâts sur le cœur, les reins, les yeux ou le système nerveux. C’est tout l’enjeu de la prévention.

Au-delà de la transmission des savoirs, la SOMINTO poursuit un autre but : bâtir une pratique harmonisée. Grâce aux discussions cliniques et aux retours de terrain, les participants ont pu comparer leurs approches. L’ambition est de garantir au patient le même niveau de prise en charge, qu’il consulte à Lomé, à Sokodé ou à Mango. Cette cohérence est au cœur de la stratégie de la SOMINTO.

En clôturant cette journée, un constat s’est imposé : investir dans la compétence des soignants, c’est investir directement dans la santé des populations. À travers cette formation, la SOMINTO entend faire de chaque professionnel un acteur de première ligne. Face à l’avancée du diabète, la réponse togolaise s’appuie sur la connaissance, la prévention et la mobilisation collective des acteurs de santé.

 

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