Le Togo a porté sa voix pour une Afrique maîtresse de sa stabilité lors du sommet Africa Forward 2026 à Nairobi. Représentant le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, est intervenu lors d’une table ronde sur la paix et la sécurité. Il y a exposé la ligne suivie par le Togo dans sa mission de médiation pour la crise de l’Est de la RDC, confiée par l’Union africaine.
Face aux dirigeants africains et internationaux présents, dont William Ruto, Emmanuel Macron, Évariste Ndayishimiye et António Guterres, le message est sans détour : le continent doit cesser de subir les crises pour en devenir l’acteur principal de la résolution. « L’Afrique ne peut plus se contenter de gérer les urgences. Elle doit bâtir elle-même les conditions de sa stabilité pour exploiter ses potentialités dans la dignité et la souveraineté », a affirmé le Professeur Klassou.
Cette posture s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, qui considère la médiation comme un acte de souveraineté à part entière. Pour lui, laisser des acteurs extérieurs dessiner l’avenir de la région reviendrait à renoncer à la responsabilité des Africains envers leur propre histoire. La crise des Grands Lacs illustre cette nécessité d’une approche portée de l’intérieur, qui s’appuie sur la connaissance des réalités locales et l’implication directe des parties prenantes.

Le Togo défend ainsi une médiation fondée sur trois piliers : un dialogue inclusif entre toutes les parties, une neutralité active, et une solidarité régionale assumée. L’idée centrale est que l’insécurité dans une zone du continent finit par affecter l’ensemble de l’espace africain.
« La paix ne se proclame pas, elle se construit pas à pas. J’appelle toutes les parties et les partenaires à poser des actes qui rapprochent plutôt qu’à ériger des murs, afin que la région des Grands Lacs redevienne un espace de stabilité et de prospérité », a conclu le médiateur de l’Union africaine.
Par cette intervention, le Togo réaffirme son engagement pour le dialogue et la prévention des conflits sur le continent. Il rappelle aussi que la paix n’est pas seulement une exigence sécuritaire : elle est la base d’une Afrique souveraine capable de porter son propre développement.