Le parti au pouvoir a réagi pour la première fois à l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO rendu en janvier dernier. C’était ce 31 août 2026 sur Kanal FM, par la voix de Kanka-Malik Natchaba, Délégué national du mouvement des jeunes d’UNIR, ancien ministre et actuel Directeur général de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin.

Pour lui, la décision de la juridiction communautaire ne saurait être utilisée pour remettre en cause l’ordre constitutionnel en vigueur au Togo. « Elle ne remet pas en cause et n’a pas vocation à remettre en cause l’ordre constitutionnel établi », a-t-il affirmé.

Sa sortie intervient quelques jours après la publication, le 25 août, d’un mémorandum par un regroupement de partis de l’opposition et d’OSC. Ceux-ci estiment que l’arrêt « ouvre la voie à un retour à l’ordre constitutionnel » et appellent à l’ouverture d’une « transition » politique. Une lecture que rejette catégoriquement le cadre d’UNIR. « Nous avons vocation à nous coller à la décision de la Cour », a-t-il insisté, précisant que le texte « ne comporte aucune disposition appelant à l’annulation, au retrait de la réforme constitutionnelle ou à un retour à une situation antérieure ». Selon lui, la décision ne contient pas non plus d’éléments « qui viennent rendre illégitimes ou caduques les avancées ou les réformes » menées dans le cadre de la nouvelle Constitution.

Dans son arrêt, la Cour avait pourtant estimé que la modification constitutionnelle du 25 mars 2024 « viole l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie » et « constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement ». Mais Kanka-Malik Natchaba relève qu’aucun mécanisme contraignant n’impose une mesure au gouvernement ou aux institutions togolaises. Il souligne également que « la décision elle-même ne comporte pas de sanctions automatiques pour qui que ce soit à ce jour ».

Interrogé sur la question de l’alternance, il a réfuté l’idée selon laquelle la nouvelle Constitution l’empêcherait. « Les responsables institutionnels sont désignés à l’issue d’élections, le Parlement étant lui-même issu du suffrage. L’alternance n’est pas remise en cause », a-t-il expliqué. Il a par ailleurs écarté toute idée de crise institutionnelle, rappelant que les institutions « fonctionnent normalement » et qu’un cadre de dialogue politique existe au ministère de l’Administration territoriale.

Pour UNIR, l’opposition fait donc une lecture politique de l’arrêt. Le parti au pouvoir appelle à s’en tenir strictement au contenu de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO, sans y ajouter d’interprétations qui ne s’y trouvent pas.

Share.
Exit mobile version