Le 16 juillet 2026, la station Shell I de Tomdè à Kara a accueilli une mobilisation particulière au cœur des festivités Evala. Une initiative qui se situe dans le cadre du projet « Rouler protégé à Kara ». Porté du 11 au 20 juillet par l’Association Journalistes Unis pour la Promotion de la Culture au Togo, JUCUT, les membres avec l’appui de CCT BATIMAT et de l’UNATROT, ont organisé une grande campagne de sensibilisation suivie de la remise de casques homologués aux conducteurs de taxis-motos et de tricycles.

Lors des Evala, Kara se transforme en un carrefour intense. Les visiteurs affluent, les courses se multiplient et les zémidjans assurent l’essentiel des déplacements. C’est précisément dans cette effervescence que le risque d’accident augmente. Malgré la loi du 14 août 2023 qui rend obligatoire le port du casque pour le conducteur et le passager, l’usage reste encore insuffisant et les conséquences des accidents impliquant des motocyclistes demeurent lourdes.

Face à cette réalité, le projet « Rouler protégé à Kara » a choisi d’aller au contact. Autorités administratives, responsables de la sécurité routière, représentants des transporteurs et partenaires se sont retrouvés pour parler directement aux usagers. Il s’agissait de rappeler simplement mais fermement les gestes qui sauvent. Porter son casque à chaque trajet et veiller à ce que le passager en fasse autant. Ne jamais prendre plus d’une personne à l’arrière. Laisser le téléphone de côté tant que la moto est en mouvement. Ralentir dans la ville et respecter les feux, les priorités et les règles de dépassement. Chaque message a été expliqué, illustré, discuté, pour qu’il devienne un réflexe et non une contrainte.

Prenant la parole, Marcel Atayi, président de la JUCUT et promoteur de l’initiative, a insisté sur le sens de cette action. Pour lui, les Evala célèbrent le courage et la discipline des jeunes lutteurs. La sécurité routière prolonge ces mêmes valeurs dans la vie quotidienne. Le casque n’est pas un accessoire imposé. Il est un bouclier contre les traumatismes, une garantie de rentrer vivant auprès des siens. Il a présenté cette journée comme la première étape d’un travail plus vaste qui touchera Landa, Lassa, Pya, Yadè, Bohou, Tcharè et Kouméa avant de s’étendre à l’échelle nationale, avec l’objectif de distribuer 1 000 casques et de sensibiliser plus de 5 000 personnes.

Au nom des conducteurs, KPANEGUE Pirenam ANGE, Coordonnateur Préfectoral des transporteurs à deux roues de la Kozah, a appelé à la responsabilité. Il a demandé à ceux qui ont reçu un casque de le porter chaque jour, de le conserver avec soin et de porter les tee-shirts de la campagne afin de rendre visible l’engagement des partenaires. Pour lui, chaque zémidjan doit devenir un ambassadeur de la prévention et montrer l’exemple à ses collègues.

Parmi les bénéficiaires, Piabalo, conducteur de taxi-moto dans la ville de Kara, a partagé son ressenti. Il a expliqué qu’on dit souvent que les zémidjans ne respectent rien, mais que cette fois on les a écoutés et conseillés avec respect. Les images et les témoignages présentés l’ont marqué. Il a compris que négliger le casque, c’est mettre en danger sa famille. Alors qu’arrivent les courses nombreuses des Evala, il s’est engagé à rouler doucement, à protéger ses clients et à appliquer les conseils reçus.

À travers « Rouler protégé à Kara », JUCUT et ses partenaires montrent qu’il est possible de lier la célébration du patrimoine culturel à une action concrète de santé publique. Dans une ville où la moto est le premier moyen de déplacement, faire du casque un réflexe quotidien revient à protéger des vies. Pendant que les arènes applaudissent la bravoure des lutteurs, la vraie victoire sur la route reste la même pour tous : arriver à destination, en sécurité.

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