Mercredi 24 juin dernier , le Pavillon Oti du CETEF-Togo 2000 a pris des allures de laboratoire culturel. Entre artistes, journalistes et passionnés, Ariel Dassanou a levé le voile sur quatorze ans d’enquête dans son livre « Togo : là où commence le reggae, aux racines africaines d’un rythme mondial ». Invité par la Direction générale du CETEF dans le cadre de son programme littérature, il n’est pas venu défendre une théorie, mais une filiation.

« Pendant 14 ans, nous avons traqué l’origine de musiques diasporiques : le reggae, la salsa, le blues », confie le promoteur culturel. Sa conclusion déplace le curseur : le reggae viendrait d’Afrique de l’Ouest, et plus précisément du Togo. À l’écoute, les échos sont là. L’Agbadja, le Blékété, l’Adéhoun, jusqu’au Bobobo qui ressurgit dans le dancehall. Pour Ariel Dassanou, ce ne sont pas des ressemblances fortuites, mais des ponts sonores entre les rythmes ancestraux togolais et la Jamaïque.

Du livre à la scène
L’ouvrage n’est pas resté sur une étagère. Une résidence artistique a bouclé les recherches et donné naissance au groupe ANCESTORS, le 24 septembre 2025. Le livre en est le manuel. Sur scène, le collectif fait entendre ce qu’il appelle « l’Ancestral Groove » : un style qui exhume les codes, la spiritualité et les messages portés par les rythmes traditionnels togolais.

Derrière la musique, une question d’image. Le coupé-décalé renvoie à la Côte d’Ivoire, la rumba au Congo. Et le Togo ? « Quelle couleur, quel style pouvons-nous brandir à l’international ? » interroge l’auteur. Son pari : offrir aux artistes togolais une signature identifiable, ancrée et exportable.

Déjà entendu hors des frontières
En moins d’un an, ANCESTORS a testé la formule loin de Lomé. Le groupe est passé par le Festival Sauti za Busara à Zanzibar et le Festival Mawazine au Maroc. L’Europe est dans le viseur pour les mois à venir.

Pour Ariel Dassanou, la suite est claire : faire circuler les résultats de cette recherche, permettre aux musiciens togolais de se reconnaître dans cette filiation et donner au pays sa « couleur » musicale. « Que chaque artiste fasse cette petite découverte », lance-t-il.

Avec ce livre et ce groupe, le reggae se raconte autrement. Et le Togo avance une carte d’identité sonore qu’il n’avait pas encore posée sur la scène internationale.

 

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