Invité de France 24 en marge de la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a parcouru des sujets comme la carte du monde, la coopération avec la Russie, la sécurité au Sahel et relations avec Paris.

Sur l’initiative « Corriger la carte », portée par le Togo au nom du Groupe africain, le chef de la diplomatie a défendu une démarche avant tout scientifique. Pour lui, il s’agit de corriger une injustice cartographique héritée de la projection de Mercator, qui minimise la taille réelle de l’Afrique. La résolution, qui promeut l’usage de la projection Equal Earth développée en 2018, a été adoptée le 4 septembre 2026 avec 164 voix. Ses concepteurs ont depuis accepté d’accompagner l’ONU dans sa mise en œuvre.

Robert Dussey a tenu à couper court aux raccourcis. Non, l’initiative n’a rien à voir avec Moscou. Non, elle ne redessine pas les frontières. « Aucune frontière ne s’est agrandie depuis l’adoption de la résolution », a-t-il insisté.

Interrogé sur la présence supposée de centaines d’éléments d’Africa Corps au Togo, le ministre a catégoriquement démenti toute présence de mercenaires russes. Il a rappelé que les relations avec Moscou datent du 1er mai 1960, quelques jours après l’indépendance, et sont d’ordre politique, diplomatique et commercial.

Il a toutefois confirmé la présence de formateurs étrangers, liée à l’acquisition de matériels militaires. « Quand vous achetez un hélicoptère français, américain, chinois ou russe, ce sont bien sûr des formateurs qui viennent entraîner nos forces de défense et de sécurité, entraîner les pilotes », a-t-il expliqué.

Sur le Sahel, le ministre a réaffirmé la doctrine togolaise : pas d’isolement pour le Mali, le Burkina et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel. Pour Lomé, la sécurité des pays côtiers est indissociable de celle du Sahel.

« La solution, c’est de ne pas isoler ces pays », a martelé Robert Dussey, plaidant pour un appui aux armées maliennes et pour le maintien du dialogue avec l’AES, malgré ses choix politiques.

Concernant la menace au nord du Togo, il a reconnu qu’elle persiste, mais assure que la situation est aujourd’hui « beaucoup plus pacifique » qu’il y a quatre ans, grâce au renforcement des forces togolaises et à la coopération avec le Burkina Faso.

Enfin, sur les relations franco-togolaises, alors que France 24 et RFI restent suspendues au Togo, le ministre a voulu dissiper tout malentendu. Il a rappelé la visite à Lomé en avril 2026 du ministre français Jean-Noël Barrot et le dialogue politique régulier entre les deux capitales.

« Les relations entre le Togo et la France n’ont jamais été difficiles », a-t-il affirmé, concédant que des malentendus peuvent arriver entre partenaires sans remettre en cause le fond de la relation.

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