Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Campus de Lomé franchit une nouvelle étape dans sa modernisation. Réhabilitation des infrastructures, équipements médicaux de dernière génération, ouverture de services spécialisés et renforcement des capacités de prise en charge : les investissements engagés par l’État commencent à transformer le visage de cet établissement hospitalier.
Depuis septembre 2026, plusieurs nouvelles prestations sont progressivement accessibles aux populations, avec l’ambition de renforcer l’offre publique de soins et de répondre à des besoins médicaux de plus en plus diversifiés.
Cette évolution s’inscrit dans la politique de modernisation du système sanitaire togolais, qui fait de l’amélioration de l’accès aux soins et du renforcement du plateau technique des établissements publics des axes importants de son action. Au CHU Campus, les réalisations concernent aussi bien les infrastructures d’accueil et d’hospitalisation que les équipements de diagnostic, les soins intensifs et les spécialités médico-chirurgicales.
Un nouveau bâtiment pour l’hospitalisation
L’une des avancées majeures réside dans le transfert de l’ensemble des services d’hospitalisation dans un nouveau bâtiment construit selon les normes requises et doté des équipements nécessaires. Cette nouvelle infrastructure vise à améliorer les conditions de séjour des patients, tout en offrant au personnel soignant un environnement de travail mieux adapté aux exigences de la pratique médicale.
La cardiologie interventionnelle monte en puissance
Sur le plan des soins spécialisés, le développement de la cardiologie interventionnelle constitue également une évolution notable. L’établissement dispose désormais d’un bloc opératoire moderne et d’une unité spécialisée de réanimation cardiologique permettant la réalisation d’actes techniques tels que la coronarographie, l’angioplastie et la pose de stimulateurs cardiaques.
Le renforcement des soins intensifs cardiologiques vient compléter ce dispositif et élargir les possibilités de prise en charge des maladies cardiovasculaires.
Un plateau d’imagerie médicale renforcé
Le plateau technique de diagnostic connaît, lui aussi, un renforcement significatif. Le complexe d’imagerie médicale est désormais doté d’une IRM de 1,5 Tesla, d’un nouveau scanner, de tables radiologiques télécommandées, d’équipements d’échographie de dernière génération et d’un appareil de mammographie.
Ces acquisitions doivent permettre d’améliorer la précision des examens, de faciliter le diagnostic de nombreuses pathologies et d’orienter plus efficacement les décisions thérapeutiques.
Une réanimation polyvalente de 15 lits
Autre réalisation importante, la mise en service d’une unité de réanimation polyvalente de 15 lits. Cette nouvelle capacité d’accueil est destinée aux patients présentant des situations médicales critiques. Elle devrait également contribuer à réduire la pression sur le service de réanimation du CHU Sylvanus-Olympio, dans une logique de complémentarité entre les structures hospitalières publiques.
Des spécialités diversifiées
La diversification des spécialités participe également à cette dynamique. Le service dentaire a été doté d’équipements modernes, notamment de radiographie panoramique et de téléradiographie latérale du crâne, permettant d’élargir les possibilités d’exploration et de traitement.
Six blocs opératoires sont par ailleurs consacrés à différentes spécialités, notamment la traumatologie-orthopédie, les urgences chirurgicales, la stomatologie, l’oto-rhino-laryngologie et la chirurgie maxillo-faciale. Un nouveau service des urgences médico-chirurgicales complète ces installations.
Anatomie pathologique et dialyse : deux nouveaux services
La modernisation se poursuit avec l’ouverture de nouvelles unités destinées à améliorer la prise en charge des pathologies complexes. Depuis le 5 novembre 2026, le service d’anatomie et de cytologie pathologiques est opérationnel. Cette spécialité joue un rôle essentiel dans le diagnostic médical à travers l’analyse des tissus et des cellules, notamment pour la détection et la caractérisation de nombreuses maladies. Elle constitue ainsi un maillon important dans l’orientation des traitements.
Dans le même élan, le service de dialyse doit accueillir ses premiers patients à compter du 9 novembre 2026. Équipée de dix générateurs de dernière génération, cette unité permettra de prendre en charge les personnes souffrant d’insuffisance rénale aiguë ou chronique, selon les indications médicales. Son ouverture représente une capacité supplémentaire dans un domaine où les besoins en soins spécialisés demeurent importants.
À ces prestations s’ajoute un service de morgue de 100 casiers, opérationnel depuis deux mois, destiné à répondre aux besoins du Grand Lomé et de ses environs.
Le CHU Campus au cœur de la lutte contre le cancer
Le CHU Campus joue également un rôle dans le dispositif national de lutte contre le cancer. Il abrite le Registre national du cancer du Togo, installé au sein du service d’anatomie et de cytologie pathologiques. Cette structure assure la collecte, l’enregistrement et la centralisation des données relatives aux cas de cancer diagnostiqués dans le pays.
Ces informations constituent un outil essentiel pour mieux connaître l’évolution des cancers, orienter les politiques de prévention et améliorer les stratégies nationales de dépistage et de prise en charge.
Une dynamique à consolider
Au-delà des nouvelles installations, les investissements réalisés au CHU Campus traduisent une orientation plus large des pouvoirs publics : renforcer les capacités du service public hospitalier et développer une offre de soins spécialisée sur le territoire national. La disponibilité d’équipements de pointe et de nouvelles compétences médicales est notamment susceptible de réduire certaines contraintes auxquelles sont confrontés les patients dans leur parcours de soins.
Cette dynamique n’est toutefois pas achevée. Les travaux de réhabilitation des anciens bâtiments de l’établissement se poursuivent, avec une réception annoncée pour le premier semestre 2027. Leur achèvement viendra compléter les infrastructures déjà mises en service et participer à la modernisation globale du centre hospitalier.
À travers le CHU Campus, l’État entend ainsi donner une traduction concrète à ses investissements dans le secteur de la santé. Si la mise en place d’infrastructures modernes constitue une étape déterminante, l’enjeu sera également d’assurer leur fonctionnement durable, de disposer de ressources humaines qualifiées et de garantir aux populations un accès effectif à ces nouvelles prestations. Car la modernisation du système sanitaire ne se mesure pas uniquement à la qualité des équipements, mais aussi à la capacité des établissements à offrir des soins accessibles, efficaces et adaptés aux besoins des patients.




