Il nous souvient que partout dans le monde où l’on parle de démocratie, le pouvoir s’obtient par la volonté du peuple, donc par les urnes. Depuis les années 90, le Togo, comme beaucoup de pays africains, s’est lancé dans la voie de la démocratie pluraliste. Malgré les difficultés et les crises connues au début, le pays a progressivement pu se stabiliser dans le respect des institutions et des processus électoraux.

Aujourd’hui, force est de constater que certains acteurs politiques, incapables de convaincre une majorité lors des scrutins, rêvent d’une « alternance » par d’autres voies : la rue, la pression extérieure, ou la remise en cause systématique des résultats.

Or la démocratie ne se décrète pas. Elle se gagne. Elle se construit dans les urnes, dans le débat, dans la confrontation des projets devant les citoyens. Vouloir le pouvoir sans passer par le vote du peuple, c’est faire injure à la souveraineté des Togolaises et des Togolais. C’est aussi prendre le risque de plonger le pays dans l’instabilité, alors même que le Togo est cité comme un exemple de résilience dans une sous-région en crise.

Le paradoxe est frappant : cette même opposition s’est déjà pleinement engagée dans la Ve République. Lors des dernières élections législatives et communales, plusieurs de ses figures de proue ont été élues. Elles siègent aujourd’hui comme députées, conseillères et même maires.

On ne comprend donc pas ce revirement soudain, intervenu depuis que la CEDEAO a rendu public son avis sur le Togo au sujet de la Ve République. Pire, certains partis d’opposition et une frange de la société civile se livrent à un jeu dangereux : manipuler l’opinion en feignant de ne pas reconnaître la Ve République et ses institutions. Au point de tenter aujourd’hui de proclamer une « transition ».
Le Togo est de plein pied dans la démocratie. Il ne saurait laisser le désordre et la pagaille s’installer. Le vrai combat démocratique n’est pas celui de la contestation permanente. C’est celui des idées, des programmes et de la mobilisation pour aller convaincre les électeurs.

Que chaque acteur se prépare donc à conquérir le pouvoir dans le strict respect des normes démocratiques universellement reconnues. Au Togo, l’alternance se fera dans les urnes, ou elle ne se fera pas.

La Rédaction

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