Le Vendredi 18 avril 2026, le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a reçu plusieurs délégations en marge de la réunion de haut niveau dédiée à la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel 2026-2028. Face à lui, des représentants de la société civile et des experts dont l’influence dépasse les frontières de leurs pays.
Trois voix ont marqué la séquence. Le Professeur Franklin Nyamsi, Directeur de l’Institut de l’Afrique des Libertés, Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), et Dr Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute African Center for Peace Studies.
Franklin Nyamsi salue une diplomatie qui constitue un modèle pour tout le continent. Pour lui, Lomé réussit là où d’autres échouent : créer un cadre d’échange fondé sur la vérité. « Nous ne pouvons pas entretenir une coopération durable dans la lutte contre le terrorisme sans examiner les questions de vérité, de justice et de solidarité sur les faits », a-t-il insisté. Il qualifie la réunion de Lomé de « succès » et Lomé de « capitale de la médiation ».
Bassolma Bazié, voix de l’AES, a transmis au Président du Conseil « le message de fraternité, de solidarité, d’amitié et de reconnaissance » des dirigeants de l’Alliance des États du Sahel. Il loue « l’esprit de dialogue prôné par le Togo » dans l’élaboration de la stratégie et dit repartir très satisfait des résultats après avoir reçu les orientations avisées du Président du Conseil.

Dr Bakary Sambe replace l’initiative dans son contexte : une prise de conscience collective des défis liés à l’insécurité et à l’instabilité dans toute l’Afrique de l’Ouest. Pour le chercheur, le leadership togolais offre enfin un cadre de convergence des points de vue sur les enjeux sécuritaires et de développement au Sahel. Il salue surtout l’implication des chercheurs dans la fabrique des solutions.
Le message politique est clair. La stratégie Togo-Sahel 2026-2028 ne sera pas un document technocratique. Faure Gnassingbé revendique une méthode : écouter les OSC, les experts et les chercheurs avant de trancher. Dans un Sahel fracturé entre États et opinions publiques, Lomé parie sur la légitimité par l’inclusion. La doctrine s’écrit avec ceux qui pensent le terrain et ceux qui le vivent.
Cette série d’audiences du acte donc deux choses. Premièrement le Togo veut peser dans la redéfinition des réponses africaines au Sahel, entre lutte antiterroriste, justice et développement. En deuxième position, il le fera en associant la société civile dès la conception. Une façon de dire que les solutions africaines ne se décrètent pas d’en haut. Elles se négocient, à Lomé, autour de la vérité des faits.

