Devant 130 délégations réunies à Istanbul pour la 152è Assemblée de l’Union interparlementaire, la Présidente du Parlement de la CEDEAO a porté un message clair : la paix et la justice pour les générations futures passent par plus d’intégration entre parlements africains. En coulisses, elle a posé les bases d’un cadre de concertation inédit avec l’East African Legislative Assembly (EALA).
Istanbul, avril 2026
À travers le thème de la 152e Assemblée de l’UIP « Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures », Hadja Mémounatou Ibrahima en a fait une feuille de route. À la tribune, la Présidente du Parlement de la CEDEAO a défendu la nécessité d’un dialogue interafricain renforcé, positionnant le Togo comme relais des préoccupations ouest-africaines dans les enceintes mondiales.
L’intervention a dépassé le cadre des discours. En marge des plénières, Hadja Mémounatou Ibrahima a rencontré le Président de l’East African Legislative Assembly. L’objectif visé est de relancer la coopération entre parlements communautaires du continent, interrompue depuis plusieurs années. Les deux institutions ont constaté une « convergence d’ambitions » sur l’intégration africaine et acté le projet d’un cadre de concertation permanent.
Du symbolique à l’opérationnel
Le futur cadre vise trois résultats concrets : échanger les bonnes pratiques législatives, harmoniser les procédures et coordonner les positions africaines dans les forums internationaux. La Présidente du Parlement de la CEDEAO a proposé une mission d’étude auprès de l’EALA, dont les mécanismes législatifs sont cités comme référence. L’idée c’est de s’inspirer, adapter, puis répliquer à l’échelle ouest-africaine.

Pour Lomé, la séquence valide une stratégie diplomatique portée par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé : faire du parlementarisme communautaire un outil d’influence. Le Togo n’est pas venu à Istanbul pour commenter l’actualité. Il y a négocié des passerelles. « Dans un monde en quête de repères, dépasser les cloisonnements devient une urgence », résume un délégué ouest-africain présent.
La voix portée à Istanbul n’est donc pas seulement celle des « générations futures ». C’est celle d’un parlementarisme africain qui cherche à peser, collectivement, sur les agendas mondiaux. Et qui commence par se parler à lui-même.

