« Il faut changer ce que nous mangeons pour changer notre avenir ». C’est le message fort lancé par Jean-Paul Agbo Ahouélété, commissaire général du FESMA, à l’ouverture du colloque sous-régional sur la « Transition alimentaire, mutations des modes de consommation et enjeux nutritionnels en Afrique de l’Ouest ».
Pour le commissaire général du Festival la Marmite, la question alimentaire ne peut plus être traitée à la marge. La mondialisation a bouleversé nos habitudes. Nos modes de vie changent vite, nos assiettes aussi. Résultat : une double crise. La malnutrition n’a pas disparu, et dans le même temps les maladies liées à l’ultra-transformation et à la dépendance aux importations explosent.
« Nous ne pouvons rester de simples spectateurs », a martelé Jean-Paul Agbo Ahouélété. Selon lui, il est temps de passer de la constatation à l’action, avec des réponses ancrées dans les réalités locales.
Sa proposition : repenser en profondeur le modèle alimentaire africain. Et cela ne veut pas dire seulement « manger local » par réflexe. Il s’agit surtout de revaloriser des ressources endogènes qu’il qualifie de « riches, résilientes et adaptées à nos écosystèmes ». Des produits à moderniser, à transformer, pour qu’ils répondent aux attentes d’aujourd’hui sans perdre leur lien avec le territoire.
Le commissaire voit dans cette transition un « retour audacieux aux ressources endogènes ». L’objectif est clair : bâtir des systèmes alimentaires plus autonomes, plus durables et plus souverains. Une vision qui fait écho aux grands axes du colloque : valoriser la production locale, assurer la durabilité et renforcer la sécurité nutritionnelle.
S’adressant aux chercheurs, experts et acteurs réunis, Jean-Paul Agbo Ahouélété leur a confié une mission. Produire des réflexions concrètes, des données et des propositions pour éclairer les décisions. Car les décideurs politiques, les entrepreneurs et les consommateurs attendent des pistes pour agir.
En filigrane, l’appel est à la co-construction. Faire dialoguer la science, les politiques publiques et les savoirs locaux pour transformer durablement ce que contient nos assiettes, et donc ce que devient notre santé et notre économie.

