Démarré le 8 juin dernier dans la préfecture de Bas-Mono, « Mia Dzrado », l’exercice de simulation grandeur nature multirisques a été officiellement lancé le lundi 15 juin 2026 . Baptisée « Soyons prêts » en langue locale, l’opération qui se poursuivra jusqu’au18 juin mettra en scène une crue soudaine du fleuve Mono pour éprouver la coordination des acteurs et la réaction des communautés face à une inondation majeure.

Très tôt dans la matinée du 15 juin, sirènes, évacuations et postes médicaux avancés ont rythmé la vie à Afomonou, Agoméglozou et Togbodji, localités fictivement inondées après le débordement du fleuve. L’alerte a été donnée par le Préfet d’Afagnan au cours d’une réunion d’urgence de la plateforme préfectorale de gestion des catastrophes.

Le bilan provisoire fictif communiqué par l’Agence Nationale de la Protection Civile (ANPC) fait état d’environ 1 000 victimes, dont une trentaine de cas de diarrhée simulés pour tester la chaîne de surveillance épidémiologique.

« L’objectif de Mia Dzrado est de tester, en conditions réelles, l’ensemble de notre dispositif, de l’alerte jusqu’à la prise en charge des sinistrés », explique un cadre de l’ANPC. Sur le terrain, les services de santé, les forces de défense et de sécurité, la Croix-Rouge togolaise et les mairies de Bas-Mono 1 et Bas-Mono 2 sont mobilisés.

La Croix-Rouge procède à l’identification des personnes vulnérables fictives comme les enfants, femmes enceintes, personnes âgées et personnes handicapées, tandis que les mairies ont activé leurs plans communaux de sauvegarde.

L’exercice intègre volontairement des complications pour pousser le système dans ses retranchements. Des difficultés de relogement de l’ensemble des sinistrés sont simulées, obligeant les acteurs à étudier la réquisition d’établissements scolaires comme abris temporaires. Trois points d’attention urgents figurent au scénario : le besoin d’abris supplémentaires, le risque sanitaire lié aux maladies hydriques et le besoin en vivres, eau potable et kits d’hygiène.

Pour les autorités, ces 10 jours d’exercice, du 8 au 18 juin, doivent permettre d’identifier les forces et les faiblesses du dispositif avant une vraie catastrophe. « Mieux vaut corriger nos erreurs pendant un exercice que lors d’une inondation réelle », rappelle le Préfet d’Afagnan. Plus de 300 acteurs et figurants participent à l’opération.

Notons qu’un point de situation est prévu toutes les 6 heures, avec une évaluation rapide conjointe ANPC/Croix-Rouge/Mairies et la préparation de messages à la population sur les consignes sanitaires. Les leçons tirées de « Mia Dzrado » serviront à mettre à jour le plan ORSEC préfectoral du Bas-Mono.

 

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