Alors que la plupart des pays de la sous-région ont répercuté la flambée des cours du pétrole dès 2022, le Togo vient seulement de procéder à un ajustement des prix à la pompe. Un décalage qui s’explique par une volonté du gouvernement de préserver au maximum le pouvoir d’achat des ménages.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, la planète vit au rythme d’une crise énergétique inédite. Au Ghana, au Bénin, au Sénégal comme en Côte d’Ivoire, les prix ont été révisés à la hausse, parfois de manière brutale.
Le Togo, lui, a résisté
Une hausse technique, mais différée
« Quand le baril grimpe, le prix du carburant suit. C’est une loi du marché », explique un cadre du ministère du Commerce. Inévitable donc. Mais le gouvernement togolais a choisi de temporiser. L’ojectif visé par le gouvernement est d’absorber le choc à la place des consommateurs le plus longtemps possible. Une stratégie qui a permis d’amortir l’impact de la crise internationale sur les ménages.
Les limites d’une subvention « pour tous »
Durant cette période, l’État a maintenu un système de subvention. Sauf que cette aide était « indifférenciée ».
Traduction : l’État verse le même montant par litre, que vous fassiez le plein de 50 litres pour un 4×4 ou de 2 litres pour une moto de zemidjan. « Dans ce schéma, celui qui a les moyens est 25 fois plus subventionné que le plus démuni », souligne un expert économique. Une équation devenue insoutenable pour les finances publiques, d’autant que le Togo ne maîtrise rien des cours mondiaux
Assumer pour préserver l’avenir
Le gouvernement l’assume : retarder l’ajustement était un choix politique. « Gouverner, c’est aussi prendre des décisions difficiles », confie une source proche de l’exécutif. Car maintenir éternellement des prix artificiellement bas aurait signifié rogner sur le budget des écoles, des hôpitaux et des infrastructures.
Aujourd’hui, le Togo ajuste. Mais il le fait pour durer. Là où d’autres ont cédé sous la pression en premier, Lomé a préféré protéger d’abord, puis réformer.
En clair, la logique est simple : moins de subvention pour tous, plus d’aide pour ceux qui en ont vraiment besoin.