Convoqués ce 5 octobre 2026 au cabinet du Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, les fédérations membres du Conseil National des Arts et de la Culture (CNAC) et des personnes ressources du secteur ont échangé à huis clos avec le ministre sur leur plateforme de revendications. À la sortie de la rencontre, le ton est à la fois apaisé et ferme.

Côté ministère, le porte-parole Aziati vinyo, directeur de la Promotion des Arts et de la Culture (DPAC) a fait comprendre que des réponses ont été apportées point par point aux différentes revandications des fédérations membres du CNAC. Sur ce qui concerne le Fonds National de Promotion Culturelle, le ministère affirme que le fonds 2026 n’a pas été touché et reste disponible au Trésor. Le blocage selon Aziati vinyo, serait lié à la mise en place des organes de gestion. Ainsi il a rassuré la presse que dès que le décret sera pris, le fonds sera opérationnel.

Autre dossier chaud, la loi sur la rémunération pour copie privée, bloquée à l’Assemblée depuis trois ans. Sur ce point, le porte parole du ministère a eu à expliquer que le ministère a engagé une série de lobbying pour obtenir sa programmation dès la rentrée parlementaire.

En ce qui concerne la situation sociale des artistes qui a aussi fait objet d’échange, notamment les cas de maladie et de précarité. Le port parole du ministère a notifié que des démarches seraient en cours avec le ministère de la santé et l’AMU afin qu’ils puissent trouver ensemble une base de cotisation adaptée à des acteurs sans revenus fixes.

Pour éviter les malentendus, les deux parties ont acté sur la création d’un cadre permanent de concertation, dans le but de bien suivre l’évolution des dossiers en temps réel, sans attendre les résultats définitifs.

Du côté des artistes, la satisfaction n’est pas totale. Pour Ariel Dassanou, coordonnateur en exercice du CNAC, la rencontre n’a pas produit d’actes concrets.

« Nous avons constaté que malgré les efforts, il n’y a pas eu pour cette rencontre, de résultat concret concernant les points de notre plateforme », a-t-il déclaré. Un résultat concret de cette rencontre, selon lui, c’est la mise en place d’un cadre permanent technique pour le suivi.

Ce qui l’amène à confirmer de nouveau que la mobilisation reste d’actualité : « Cela ne démobilise pas les acteurs culturels. La stratégie mise en place, notamment le sit-in du 12 octobre, tient. Nous en avons informé le ministre  » a-t-il rassuré.

Pour le CNAC, ce sit-in se veut apolitique, pacifique et purement professionnel, mais nécessaire pour porter les revendications au plus haut sommet de l’État. Les artistes rappellent que des textes majeurs comme celui sur les droits d’auteur attendent depuis 2023 au Parlement.

Le dialogue est donc renoué, mais sous pression. Les artistes disent attendre désormais des dates et des actes, pas seulement des assurances.

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