La contestation sociale se durcit dans le secteur bancaire et assurantiel. Depuis ce mercredi 24 septembre, une grève de 72 heures lancée par le SYNBANK et le SYNASSUR paralyse une partie des activités. Réunis en Assemblée générale au siège du SYNBANK, les responsables syndicaux ont dressé un état des lieux devant leurs membres et réaffirmé leur volonté de défendre les droits des travailleurs face aux pressions récurrentes du patronat.
S’adressant à la presse, le secrétaire général adjoint du SYNBANK, NYAMIKOU Koudjo, a rappelé que les syndiqués doivent être informés de chaque avancée dans les discussions engagées. « Nous avons d’abord restitué toutes les rencontres et démarches menées avec le patronat et les autorités. Chaque fois que nous obtenons des éléments nouveaux, nous les transmettons à la base. C’est donc dans ce cadre que nous avons réuni nos camarades aujourd’hui, surtout dans le contexte de la grève de 72 heures que nous avons lancée. Nous voulions leur donner de la force et rappeler que la démobilisation n’est pas une option si nous voulons atteindre nos objectifs », a-t-il déclaré.
Le responsable syndical a par ailleurs salué la mobilisation enregistrée dès le premier jour de l’arrêt de travail, estimant que l’adhésion, même partielle, constitue déjà un signal fort.
« Quand on appelle à une grève, on ne s’attend pas à 100 % de participation. Mais si nous obtenons 80 %, c’est déjà une grande victoire. Ce matin, la mobilisation a été forte. D’ailleurs, on a remarqué la présence de forces de l’ordre et même de moyens de surveillance. Cela montre que notre mouvement est suivi de près », a-t-il ajouté.
Insistant sur les motivations profondes du mouvement, il a rappelé que l’objectif est avant tout de protéger les emplois et la dignité des salariés. « Nous respectons le choix de chacun. Mais nous leur rappelons que c’est leur emploi que nous défendons. Nos actions visent à protéger les travailleurs togolais contre la précarité, les licenciements abusifs et les pressions. Chez eux, à l’étranger, ces pratiques ne seraient pas tolérées. Pourquoi devraient-elles l’être ici ? », a-t-il fait savoir.
Déplorant des dérives persistantes dans les institutions, NYAMIKOU Koudjo a dénoncé un climat de travail délétère marqué par des cas graves.
« Le climat dans le secteur bancaire et assurantiel est marqué par de fortes pressions et même du harcèlement. Quand certaines institutions sont arrivées au Togo, il y a eu des cas dramatiques, avec une douzaine de décès liés aux conditions de travail. Or, la loi punit le harcèlement. Pourtant, rien ne change. Les travailleurs subissent et les employeurs continuent d’agir comme si de rien n’était », a-t-il indiqué. Tout en réaffirmant leur détermination, les syndicats disent rester ouverts au dialogue, mais avertissent que le combat est loin d’être terminé.
« La lutte n’est pas terminée. Pendant la grève, nous poursuivons les négociations avec les autorités et le patronat. Si un résultat est obtenu, nous convoquerons encore la base pour leur rendre compte. Nous restons mobilisés et déterminés à faire aboutir nos revendications », a-t-il fait savoir.
Elom

