Dans une Afrique de l’Ouest secouée par les crises, le Togo fait de la protection des réfugiés un pilier de sa cohésion nationale. Avec 58 945 exilés de 28 nationalités sur son sol, l’État déploie depuis 2026 un plan à 18 milliards FCFA qui dépasse l’urgence humanitaire pour viser la résilience collective.
À travers les chiffres, l’on note 58 945 réfugiés et demandeurs d’asile, 28 nationalités, et près de 1,3 million de personnes qui sont touchées de près ou de loin par les déplacements. De part les personnes déplacées, l’on rencontre souvent les communautés hôtes, les familles déjà fragilisées. il faut dire que dans un Sahel sous tension, le Togo se retrouve en première ligne. Et face à ce problème, l’exécutif a tranché et fait savoir que subir n’est pas une option.
Ainsi pour apporter une réponse à ce soucis, un Plan de réponse conjoint 2026-2027 a été mis en place par les hautes autorités du pays. C’est une initiative qui a été lancée dans le cadre du programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés, le PURS, qui mobilise 18 milliards de francs CFA. L’ambition affichée n’est pas seulement de distribuer des vivres. Il s’agit de tenir la société debout en garantissant des droits, en sécurisant les parcours et en ancrant les solutions dans la durée.
Le premier chantier est celui de la protection. Plus de 151 000 personnes sont concernées, avec une attention portée aux enfants et aux femmes exposées aux violences basées sur le genre. L’idée envisagée est qu’un demandeur d’asile doit pouvoir faire valoir ses droits dans un cadre sûr, équitable, et accompagné. La dignité n’est pas un supplément d’âme, c’est la base du dispositif.
Vient ensuite l’urgence vitale. Le plan cible plus de 430 000 personnes. Parmi elles, 134 000 souffrent d’insécurité alimentaire et 47 000 ont besoin d’un abri. Ces chiffres prolongent un travail déjà entamé sur le terrain. Fin octobre 2025, l’Agence nationale de la protection civile et l’Unicef ont distribué des kits d’hygiène et de première nécessité à 1 190 ménages, soit 5 796 personnes dont 3 307 enfants. En 2023 déjà, les programmes sociaux avaient touché 930 000 bénéficiaires, réfugiés et déplacés compris.
Le troisième volet regarde au-delà de l’urgence. Il s’attaque aux fondations : consolider les centres de santé, renforcer les écoles, soutenir les activités qui font vivre les familles déplacées et les communautés qui les accueillent. L’objectif est d’éviter que l’aide d’aujourd’hui crée la dépendance de demain.
Cette doctrine ne s’arrête pas aux frontières. Le HCR a salué l’approche togolaise et le Dialogue de Lomé, initié en mars 2024 pour traiter collectivement l’afflux de déplacés et les risques de déstabilisation. Le 4 juillet 2025, Lomé a paraphé avec le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Ghana une déclaration commune sur la sécurité nationale et la protection des réfugiés. La région tente de parler d’une seule voix face à des mouvements de population qui ignorent les postes-frontières.
Au cœur du PURS, une ligne directrice revient dans chaque décision : la dignité humaine. Protéger un enfant, nourrir une famille, soigner, scolariser, c’est poser qu’aucune vie ne vaut moins qu’une autre. Dans un contexte régional inflammable, le Togo parie que la meilleure sécurité, c’est la cohésion. Et que la cohésion commence quand personne n’est laissé sur le bas-côté.

