La section togolaise de la Fondation Mohammed VI des Ouléma africains a organisé, le samedi 6 septembre 2025, la deuxième édition du concours national de présélection du Hadith Nabawi Acharif. Cette rencontre, qui a réuni des candidats venus des quatre coins du pays, n’avait rien d’une simple compétition : elle s’est affirmée comme un acte de préservation et de transmission d’un patrimoine spirituel fondamental, destiné à éclairer les jeunes générations musulmanes.
Pour les initiateurs de cette épreuve, l’enseignement islamique repose sur un équilibre indissociable : l’union entre le Coran et les hadiths. Ces paroles du Prophète, véritables clés d’interprétation du Livre saint, constituent un socle irremplaçable pour approfondir la foi et guider la pratique des croyants.
« Nous sommes très heureux que le concours ait été bien organisé. Les participants ont su mémoriser avec rigueur, et, Dieu merci, nous comme la Fondation, nous sommes satisfaits du travail accompli. En Islam, nous avons d’abord le Coran, puis les hadiths, qui constituent la tradition du Prophète. Ils englobent les dix actions du Prophète, et c’est ce que nous appelons les hadiths. Ce sont eux qui nous aident à mieux comprendre le Coran. Pour un musulman, la connaissance des hadiths est essentielle afin de bien saisir les fondements de la religion. C’est pour préserver ce savoir que ce concours a été organisé », a expliqué Alaka Idrissou, membre de la Fondation Mohammed VI, section Togo.
Au-delà de l’aspect pédagogique, cette initiative revêt une dimension diplomatique. Elle illustre la convergence entre le Maroc et le Togo, unis dans la défense d’un islam modéré et fidèle à son authenticité. La Fondation, à travers ses antennes africaines, incarne cette volonté de coopération spirituelle et culturelle, inscrivant ainsi la religion dans une dynamique d’unité et de rayonnement.
« Tout d’abord, permettez-moi de remercier le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, ainsi que son homologue marocain, à l’origine de cette Fondation, qui œuvre à préserver et à transmettre les paroles prophétiques à travers le monde. Aujourd’hui, notre rôle est d’évaluer les enfants afin de vérifier leur maîtrise de ces paroles », a déclaré Adam Awali, président du jury.
La rigueur imposée par les examinateurs s’est traduite par une exigence de fidélité absolue dans la récitation. La prononciation correcte de chaque mot en arabe constituait un critère de sélection déterminant. À travers cette vigilance, le jury a voulu témoigner de l’importance capitale d’une transmission fidèle, exempte de toute altération.
« Nous avons veillé à ce que les hadiths soient récités exactement tels qu’ils ont été prononcés par le Prophète, et qu’ils soient ainsi perpétués. Tous les candidats se sont investis avec sérieux, mais comme il s’agit d’un concours, il fallait désigner un lauréat. Concernant la langue arabe, la prononciation juste des mots a été un critère déterminant pour départager les candidats », a-t-il ajouté.
Afin de refléter la diversité des niveaux de savoir, le concours s’est articulé en trois catégories distinctes. La première, centrée sur la mémorisation pure, invitait les candidats à restituer quarante hadiths. La seconde proposait trente-cinq paroles, accompagnées de leur traduction et d’explications linguistiques. Quant à la troisième, elle associait vingt-cinq hadiths à une mise en perspective juridique, soulignant les règles de jurisprudence qu’ils impliquent.
« La première catégorie consistait à mémoriser quarante paroles prophétiques. La deuxième, trente-cinq paroles accompagnées de la traduction et de l’explication de certains termes arabes. La troisième portait sur vingt-cinq paroles prophétiques assorties des règles de jurisprudence qui en découlent », a précisé le président du jury.
Pour les lauréats, cette victoire dépasse largement la simple reconnaissance académique. Elle se vit comme une bénédiction, un signe de l’assistance divine, et un engagement à incarner ce savoir dans leur vie quotidienne. Leur triomphe est avant tout un hommage à la foi et à la persévérance.
« Nous rendons grâce à Dieu pour Son assistance qui nous a permis de réussir cette épreuve. C’est avec joie et reconnaissance que nous accueillons cette victoire. Nous, les lauréats, ne sommes pas les meilleurs ; c’est avant tout la grâce d’Allah. Nous tenons à exprimer notre gratitude aux organisateurs, en particulier à la Fondation Roi Mohammed VI », a déclaré Abdoulaye Badaroudine, au nom des lauréats de cette édition.
La conclusion de la cérémonie, marquée par une prière solennelle pour le président Faure Gnassingbé et pour Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a donné à l’événement une résonance spirituelle et politique à la fois. Désormais, les vainqueurs porteront haut les couleurs du Togo lors de la phase continentale, face à d’autres compétiteurs venus de l’ensemble du continent africain.
En magnifiant la mémoire prophétique et en valorisant l’excellence religieuse, cette compétition a transcendé les murs d’une simple salle d’examen pour s’imposer comme un symbole : celui d’une jeunesse attachée à ses racines, prête à préserver et à transmettre un héritage immatériel qui demeure au cœur de la foi musulmane.
Elom

