Annoncé comme le réveil de la rue et le retour en force de l’opposition radicale, le meeting du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC) a peiné à faire foule ce vendredi à Akassimé. Présenté comme un moment « historique », le rassemblement a finalement ressemblé à une réunion de quartier, loin de la démonstration de force espérée par ses organisateurs.

Prévu pour 14h00, le meeting réunissant sept partis politiques et organisations de la société civile n’avait toujours pas fait le plein à 15h05. Sur le terrain, les chaises installées pour l’occasion sont restées en grande partie vides. Là où le CNCC attendait une marée humaine, seuls quelques dizaines de sympathisants dispersés ont répondu à l’appel.

Les figures de l’opposition en première ligne
Jean-Pierre Fabre, Dodzi Apévon, David Dosseh et leurs alliés avaient pourtant misé gros sur cette sortie. Une stratégie qui interroge, alors que plusieurs d’entre eux siègent à l’Assemblée nationale. Pour leurs détracteurs, choisir le meeting plutôt que l’hémicycle envoie un signal contradictoire sur l’usage du mandat électif.Un discours qui peine à mobiliser
Au micro, les mêmes slogans, les mêmes appels à la mobilisation et les mêmes critiques contre le pouvoir. Mais l’enthousiasme populaire n’a pas suivi. Pour de nombreux observateurs, le CNCC donne l’image d’une opposition en panne de renouvellement, peinant à coller aux préoccupations quotidiennes des Togolais : emploi, santé, coût de la vie, accès à l’eau et à l’électricité, Assurance Maladie Universelle.

CRAC hier, CNCC aujourd’hui
Le changement de sigle ne semble pas avoir changé la donne. Après le CRAC, le CNCC tente de fédérer, mais la mayonnaise ne prend pas. « Changer l’étiquette ne change pas le produit », glisse un habitant d’Akassimé croisé aux abords du meeting.

Un baromètre politique ?
Pour ses organisateurs, il s’agissait de montrer que l’opposition reste debout. Pour ses critiques, Akassimé a surtout révélé l’essoufflement d’une méthode : celle des grands meetings aux effets limités. « À force de prédire le chaos, on finit par lasser même ses propres militants », commente un analyste politique.

Le CNCC voulait démontrer sa capacité de mobilisation. La faible affluence de ce 09 mai aura surtout mis en lumière le défi qui l’attend : reconquérir une base populaire qui semble aujourd’hui privilégier la stabilité et les réponses concrètes à ses besoins quotidiens.

 

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