Le Sénat a adopté à l’unanimité ce mercredi 19 août 2026 le projet de loi relatif à la création et à la gestion des aires protégées. Déjà voté par l’Assemblée nationale, ce texte marque une étape décisive dans la politique environnementale du pays. La séance s’est déroulée sous la présidence de Barry Moussa Barqué, Président du Sénat, en présence du ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, Prof Komla Dodzi Kokoroko.
Cette réforme vient répondre aux limites d’un dispositif hérité de la période coloniale. Entre 1937 et 1958, 83 aires protégées avaient été créées et couvraient près de 14% du territoire national. Mais au fil des décennies, ces espaces ont été fragilisés par la pression agricole, le pâturage, la coupe de bois-énergie, l’occupation des terres et le développement d’infrastructures. Face aux enjeux actuels liés à la biodiversité et au changement climatique, il devenait urgent d’adapter la gouvernance de ces espaces.
Le nouveau texte précise la typologie et les catégories d’aires protégées et fixe des règles claires pour leur création, leur gestion, leur déclassement et leur requalification. Il prévoit également la mise en place de l’Office national des aires protégées, chargé d’assurer un pilotage plus cohérent. Une attention particulière est accordée au financement durable de ces espaces afin de garantir leur gestion dans la durée. Au-delà de la conservation, la loi fait des aires protégées de véritables leviers de développement pour les communautés riveraines. L’écotourisme et les activités génératrices de revenus sont mis en avant comme des pistes pour concilier protection de la nature et amélioration des conditions de vie locales.
Lors des débats, les présidents des groupes parlementaires UNIR, APR et C5 ont unanimement salué l’évolution du cadre juridique. Ils ont souligné l’importance d’une gestion plus concertée et d’une meilleure prise en compte des réalités du terrain, tout en appelant à une mise en œuvre fondée sur le dialogue et l’apaisement.
Le ministre Komla Dodzi Kokoroko a qualifié cette loi de rupture majeure avec un passé de gestion critiqué. Il l’a présentée comme une arme redoutable pour la construction environnementale, climatique, sociale, économique et de justice, et a assuré que le gouvernement veillera à en faire un usage modéré, responsable et efficace. De son côté, le Président du Sénat a rappelé que la loi ne vaut que par la constance de son application. Il a invité à veiller à son effectivité et a félicité la qualité du travail parlementaire.
Avec cette adoption, le Togo renforce son dispositif national de conservation et se met davantage en conformité avec ses engagements internationaux en matière de biodiversité. La réforme s’inscrit aussi dans l’ambition nationale d’atteindre 26% de couverture forestière à l’horizon 2030. Protéger la nature tout en en faisant un atout pour les populations, telle est la nouvelle vision portée par cette loi.

