Quatre morts sur place et des blessés graves avec des voitures endommagées, c’est le bilan d’un accident intervenu le jeudi 22 juillet sur la route Tsévie-Tabligbo. On parle d’une voiture Toyota Carina 3 venant de Tabligbo, qui dans sa manœuvre de dépassement d’un titan, entre en collision avec une autre voiture venant du sens inverse. Cet accident intervient seulement quelques jours après le rapport allarmant des ministres Yark Damehame de la sécurité et Affo Atcha Dedji des Transports routiers, Ferroviaires et Aériens, sur la situation des accidents de route de janvier à Juin 2021. Un bilan assez lourd qui nécessite de mesures coercitives et qui interpelle la conscience collective.
Au Togo, tout porte à croire que les accidents tuent plus la population que tout. Même la vie chère déplorée dans le pays ne cause pas le 1/100e de morts dues aux accidents de circulation. Le redoutable Covid-19 en plus d’un an à fait 140 morts contrairement aux accidents qui ont provoqué trois cent quarante-six (346) décès et quatre mille sept cent vingt et un (4.721) blessés sur trois mille huit cent quinze (3.815) cas d’accidents en Six (6) mois.
La plupart de ses accidents sont intervenus sur les routes nationales. La plus meurtrière des routes nationales est la N°1 qui totalise 106. S’en suit la RN°4 (Tsévié-Tabligbo-Aného) avec 18 morts. 11 morts déplorées sur la RN°5 (Lomé-Kpalimé-Atakpamé) et 7 sur la RN°2 (Lomé-Aného) ainsi que la RN34 (Lomé-Vogan). Les routes et rues du grand Lomé ont quant à elles, fait 33 morts.
Les chiffres en hausse
Comparativement, au premier semestre de l’année 2020, les chiffres en ce qui concerne les accidents de route ont considérablement grimpé. En effet, en 2020, ce sont deux mille six cent vingt-sept (2.627) cas d’accidents qui ont été recensés à la même période faisant deux cent quarante-un (241) décès et trois mille sept cent trente-quatre (3 734) blessés.
Les causes des accidents mortels selon les ministres
À en croire les deux ministres concernés, les causes de ces accidents sont liées à l’excès de vitesse, la conduite en état d’ébriété ou sous l’influence de substances psychotropes, le non-respect ou l’absence de dispositions de sécurité (casques, ceinture de sécurité, siège-auto pour enfants…), la distraction au volant en raison de l’usage du téléphone portable et le non-respect du code de la route.
Appels des autorités
« Aucun citoyen n’a le droit de mourir sur la route » a rappelé avec indignation le ministre de la sécurité Yark Damehame parlant de l’entêtement des usagers à enfreindre aux dispositions de bonnes conduites. Sur son compte twitter, son collègue des transports routiers, Ferroviaires et Aériens suite à l’accident mortel du 22 juillet (Route Tsévie-tabligbo), a une fois de plus appelé à la vigilance et respect du code de la route. « C’est encore le lieu pour nous s’exhorter à plus de prudence, de vigilance et de civisme afin que nos routes ne soient pas accidentogènes. La vie n’a pas de prix! Prenons bien soin de nous car chaque minute est une vie. Alors, vigilance, prudence et respect scrupuleux du code de la route!!! » a-t-il écrit. « La prudence doit être de mise pour éviter d’écouter sa vie pour un rien du tout » a aussi appuyé Yark Damehame dans une déclaration.
Que faire ?
Comment réduire considérablement le nombre d’accidents, encore moins les décès qu’ils causent ? C’est la grande question que se posent beaucoup de personnes. Le paradoxe pour le ministre Yark est que les chiffres augmentent au moment même où « de multiples efforts ont été consenti dans la modernisation des axes routiers du pays ».
Pour réduire les cas, ce dernier promet d’accentuer les contrôles sur les routes, renforcer la veille pour faire baisser le rythme à la fin de l’année.
Au-delà de la veille, d’autres personnalités pensent qu’il faut mettre la population devant le fait accompli. C’est le cas notamment du Professeur agrégé de chirurgie viscérale, David Dosseh. Ce dernier a fustigé le comportement des automobilistes, responsables de 3.815 accidents sur les routes au premier semestre qui ont fait 316 morts. « C’est inquiétant et là, je rejoins le ministre de la sécurité. Il faut interpeller la conscience des gens qui parfois sont imprudents », a-t-il déclaré jeudi sur une radio locale.
Pour lui, il faut une prise de conscience qui consistera à « diffuser des images qui choquent, des images de blessés qui font mal » afin que chacun soit touché dans sa conscience.
Les causes passées sous silence
Ce n’est plus un secret, la vraie cause des accidents de route surtout à Lomé, sont l’indélicatesse des motocyclistes communément appelés Zémidjans. Ils sont à la base de bon nombre d’accidents. Quand bien même ils sont les plus vulnérables sur la route, car ne disposant pas de carrosserie qui les protège, leur comportement sur la route laisse à désirer et indispose plus. L’autre grand souci sur les routes du grand Lomé est les tricycles. Ils abondent dans la capitale et sur les routes, ils se croient prioritaires et donc bafoue le code de la route mettant les autres usagers en danger.
C’est un véritable casse-tête pour les usagers de la route « quand on prend par exemple la route du contournement, on voit les motocyclistes rouler au beau milieu de la route comme bon leur semble. Et ils sont prêts à aller dans l’un ou l’autre sens sans quand ils veulent », a fustigé un usager de la route à Lomé. Le sujet des motocyclistes en pleine ville s’avère un cas impératif à repenser par les autorités si l’on veut réduire le nombre d’accidents mortels. Aussi doit-on revoir le cas des véhicules gros porteur dont les heures de circulation en ville ont été limitées, mais jamais respectées.
Stan A.

