La capitale togolaise est devenue cette semaine le centre de gravité de l’intégration juridique africaine. Du 4 au 8 mai, Lomé abrite les travaux du Comité des Experts de l’OHADA, en prélude à la session spéciale des ministres des Finances des États membres prévue vendredi. Vingt ans après la dernière rencontre du genre en 2009, la question du financement de l’Organisation est au cœur des débats.
« Cela fait quasiment 17 ans que nous n’avions pas abordé frontalement la question des ressources », a rappelé le Professeur Mayatta N’Diaye Mbaye, Secrétaire Permanent de l’OHADA, à l’ouverture des travaux. Sans financement stable, l’Organisation peine à remplir son mandat : assainir le climat des affaires, stimuler l’investissement et appuyer les politiques publiques de lutte contre la pauvreté et de création d’emplois.
Mobilisation des États face à l’urgence
Malgré des agendas chargés, les ministres des Finances ont fait le déplacement à Lomé. Un signe, selon le Secrétaire Permanent, de l’urgence à agir : « Le temps consacré à chercher des financements pourrait être investi dans des actions concrètes sur le terrain ». L’objectif est de doter l’OHADA d’un modèle de financement pérenne, gage de réactivité et d’efficacité.
Vers un mécanisme autonome et efficace
La session s’appuie sur une étude de l’Agence Française de Développement qui servira de base aux recommandations. Experts, directeurs de la comptabilité publique et consultants planchent sur des mécanismes de financement autonomes pour donner à l’OHADA les moyens de ses ambitions. « L’OHADA est un outil économique reconnu mondialement. Si elle est juridique, sa vocation est clairement économique », a souligné Mme Akou Mawussé Adétou Afidenyigba, représentant le ministre togolais des Finances.
Un rendez-vous attendu vendredi
Créée en 1993 par le Traité de Port-Louis, l’OHADA a contribué à sécuriser l’environnement juridique des entreprises et à renforcer la confiance des investisseurs. Mais le mécanisme de financement autonome adopté en 2003 est resté largement inefficace. Les recommandations issues des travaux des experts seront soumises vendredi aux ministres des Finances, seuls habilités à décider. L’enjeu : assurer à l’Organisation, considérée comme un levier de souveraineté économique, des ressources durables pour déployer pleinement son action.

