La lutte contre les faux médicaments prend un nouveau tournant au Togo. L’ONG Fondement des Organisations Intercommunautaires du Togo (FOI-Togo) a lancé, vendredi 17 octobre à Lomé, une vaste campagne nationale de sensibilisation sur la protection des patients. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de la protection des patients et met l’accent sur un message central : « Le bon médicament et l’usage du bon médicament ».
L’événement a réuni plusieurs acteurs du secteur de la santé dont les représentants du ministère de la Santé, de l’OMS, de la Plateforme du Secteur Privé de la Santé (PSPS-Togo), des ordres professionnels, compagnies d’assurance, sociétés pharmaceutiques, mairies et chefs traditionnels. Tous ont salué l’initiative jugée urgente et nécessaire face à la prolifération inquiétante des médicaments contrefaits.
Mme Omanikabi Sablikou-Houngbenou, représentant le ministère de la Santé, a rappelé la gravité du phénomène. « Lutter contre les marchés parallèles de médicaments, c’est protéger les patients », a-t-elle indiqué. C’est le lieu pour elle de souligner la nécessité d’un encadrement rigoureux pour préserver la santé publique.
Depuis 2012, FOI-Togo s’illustre dans la bataille contre les faux médicaments. Son président, Alexandre Badjagoma, n’a pas mâché ses mots : « Partout au Togo, on voit des médicaments vendus dans les rues et les boutiques. Pourtant, le médicament n’est pas un produit anodin. Il soigne, mais peut aussi tuer s’il est mal acheté ou mal utilisé », a-t-il averti.
Les chiffres sont alarmants. En Afrique subsaharienne, l’usage de faux médicaments serait responsable de 64 000 à 158 000 décès liés au paludisme chaque année. Les produits contrefaits souvent des analgésiques, antibiotiques, antipaludiques ou stimulants sexuels représentent un fléau sanitaire majeur. Dans certains marchés africains, près de 88 % des antipaludiques seraient falsifiés. Selon l’OMS, plus de 250 000 enfants dans le monde meurent chaque année à cause de médicaments de qualité inférieure.
Pour marquer ce lancement, plusieurs communications ont abordé la sécurité des patients sous divers angles : rôle du pharmacien dans la lutte contre le marché illicite, prise en charge des victimes d’accidents, importance du dépistage du cancer du sein, place de la médecine traditionnelle, ou encore soutien psychologique des malades.
La campagne s’étendra sur l’ensemble du territoire, dans 26 préfectures, avec un programme ambitieux : conférences, débats publics, émissions radio et télé, sensibilisations de proximité dans les marchés, lieux de culte et écoles, sans oublier les réseaux sociaux. Des vidéos éducatives, prospectus et affiches viendront renforcer le message pour un changement de comportement durable.
À travers cette initiative, FOI-Togo espère éveiller la conscience collective et encourager les citoyens à adopter des réflexes responsables. Car comme le rappelle son président, « la santé n’a pas de prix, mais elle a des règles ».
Cette campagne nationale marque un pas décisif dans la lutte contre les faux médicaments au Togo. En plaçant la protection du patient au cœur de l’action, FOI-Togo et ses partenaires envoient un message fort : seul un médicament sûr, acheté au bon endroit et utilisé correctement, peut véritablement soigner.

