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    Diplomatie

    Succès diplomatiques en Afrique : Faure Gnassingbé, homme de paix dans le Sahel et les Grands lacs

    Junior AgbekponouBy Junior Agbekponou22 août 2026Updated:22 août 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    À l’heure où les tensions s’accumulent sur le continent, le Togo choisit une autre voie. Sous l’impulsion du Président du Conseil Faure Gnassingbé, Lomé s’impose peu à peu comme une voix qui privilégie la discussion à la rupture. Dans un contexte sahélien fragilisé par les groupes armés et en Afrique de l’Ouest marquée par des transitions politiques délicates, la diplomatie togolaise fait du dialogue son principal outil.

    L’actualité récente l’a encore montré. Le 20 août 2026, deux ressortissants russes présentés comme proches du groupe Wagner et capturés en juillet 2024 à Tinzawaten, dans le nord du Mali, par le Front de libération de l’Azawad, ont été libérés. D’après plusieurs sources, cette issue a été rendue possible grâce à l’implication de Faure Gnassingbé. Au-delà de ces deux vies sauvées, l’épisode révèle surtout la capacité de Lomé à garder des lignes ouvertes avec des acteurs très divers, y compris dans des zones où la confiance est rompue. C’est cette méthode discrète, fondée sur des contacts directs et la négociation, que le Togo entend faire valoir.

    Le Mali n’est pas le premier dossier où cette approche porte ses fruits. Le pays avait déjà joué un rôle dans la libération de militaires ivoiriens détenus à Bamako. Le principe est resté le même : ne jamais laisser tomber tous les ponts, même quand les relations officielles se tendent. Pour Lomé, l’humanitaire peut être le point d’entrée pour recréer un minimum de confiance et éviter que les crises ne s’enlisent.

    Cette logique s’est retrouvée au Niger après les événements de juillet 2023. Sollicité, le Togo a contribué à maintenir le dialogue entre Niamey et ses partenaires régionaux afin d’éviter une escalade. En Guinée, au lendemain du coup d’État de 2021, il a participé aux efforts visant à accompagner la transition et à préserver la stabilité. Dans les deux cas, il ne s’agissait pas de se substituer aux acteurs locaux, mais d’offrir un cadre pour que la parole circule encore.

    Le Tchad a aussi bénéficié de cette posture. Alors que le pays traversait une période de transition à haut risque, Lomé s’est engagé pour accompagner le dialogue national. L’objectif était clair : empêcher que les divergences politiques ne se transforment en affrontement dans un contexte sécuritaire déjà tendu.

    Même dynamique au Burkina Faso. Face à l’insécurité et aux bouleversements politiques, le Togo a choisi de ne pas s’isoler. Il a maintenu ses relations avec Ouagadougou et soutenu, dans les enceintes régionales et bilatérales, les initiatives visant à préserver la coopération. L’idée est de laisser ouvertes des fenêtres de discussion pour construire des réponses adaptées aux réalités locales.

    Cette constance trouve aujourd’hui un prolongement dans la région des Grands Lacs. En avril 2025, l’Union africaine a confié à Faure Gnassingbé la facilitation entre la RDC et le Rwanda, dans un contexte de violences persistantes dans l’est congolais. Depuis sa désignation, le Président du Conseil a enchaîné les consultations avec Kinshasa, Kigali, Bujumbura et Kampala. Le but : comprendre les lignes rouges de chacun et chercher les conditions d’une désescalade. Les conséquences de cette crise dépassent largement la RDC et pèsent sur tout l’équilibre régional. La médiation africaine vise donc à remettre les protagonistes autour de la table et à explorer une issue politique.

    Que ce soit au Sahel, en Afrique de l’Ouest ou dans les Grands Lacs, la philosophie est identique. Quand la confrontation menace, il faut maintenir le dialogue. Cela exige de la patience, de la discrétion et la capacité d’écouter des interlocuteurs aux positions opposées. Les résultats ne sont pas toujours immédiats, mais garder un canal ouvert est déjà une avancée quand la défiance domine.

    Au fond, toutes ces démarches poursuivent la même priorité : protéger des vies humaines et éviter l’emballement des crises. Qu’il s’agisse de faire libérer des détenus, d’accompagner une transition ou de rapprocher deux États, la dimension humanitaire donne à cette diplomatie une portée concrète. C’est aussi pour cela que le Togo entretient une relation de proximité avec des pays en crise. Pour Lomé, la sécurité du Togo est liée à celle de son environnement. L’avancée des groupes armés au Sahel et les tensions entre États ont des répercussions jusqu’au Golfe de Guinée. D’où une vision de la sécurité qui ne se résume pas au militaire, mais intègre aussi la coopération politique, la prévention et le développement.

    Au fil des années, le Togo s’est construit une réputation de passerelle. Capable de parler avec des gouvernements, des organisations régionales et internationales, mais aussi avec des acteurs en marge des circuits officiels, il dispose d’une marge de manœuvre précieuse quand les formats classiques sont bloqués.

    Au-delà des cas particuliers, cette diplomatie porte une ambition continentale : renforcer la capacité de l’Afrique à régler ses propres différends. La facilitation dans les Grands Lacs, comme les initiatives au Sahel et en Afrique de l’Ouest, s’inscrit dans cette volonté de faire vivre des mécanismes africains de règlement pacifique, sans exclure l’appui des partenaires internationaux quand il est utile.

    De Bamako à Niamey, de Ouagadougou à Conakry, de N’Djamena à Kinshasa et Kigali, l’action conduite par Faure Gnassingbé suit un même fil : préserver les passerelles, rapprocher les points de vue et chercher des sorties pacifiques. La libération des deux ressortissants russes au Mali, les médiations passées au Niger, en Guinée, au Tchad et au Burkina Faso, et l’engagement actuel dans les Grands Lacs en sont les illustrations.

    Dans une Afrique marquée par des fractures politiques et des rivalités géopolitiques, la capacité à faire parler les acteurs entre eux est déjà un acte de paix. Pour le Togo, la diplomatie ne se limite pas à la défense d’intérêts nationaux. Elle peut aussi contribuer à rapprocher les peuples, à prévenir les conflits et à donner aux Africains les moyens de construire eux-mêmes les réponses aux crises qui les traversent.

    Libération des otages au russes
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    Junior Agbekponou

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