Le rideau s’est levé lundi à l’Hôtel 2 Février sur la troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers. Et le Togo a d’emblée marqué les esprits. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a été honoré du Prix panafricain de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment des capitaux. Une distinction décernée par le réseau international des experts de la GRCRO.
Ce n’est pas seulement une médaille de plus. C’est la reconnaissance d’une trajectoire. Depuis trois ans, le Togo investit le champ de la conformité financière avec la volonté d’en faire un levier de stabilité et d’attractivité. À Lomé, on ne subit plus les standards internationaux. On contribue à les écrire, avec une lecture africaine des risques.
Pendant deux jours, les 8 et 9 juillet, près de 1000 professionnels ont fait de la capitale togolaise le centre de gravité de la lutte anti-fraude. 46 nationalités représentées. Des régulateurs, des juges, des banquiers, des experts tech, des universitaires et des institutions internationales. Tous réunis autour d’une urgence : adapter les dispositifs de conformité à l’ère de l’intelligence artificielle.
Le prix a été remis par Ilyas Berrajaa, au nom du réseau international des spécialistes de la conformité. Pour lui, le Togo illustre ce que peut une volonté politique assumée quand elle s’adosse à des institutions techniques solides.
Quand la sécurité passe par la finance
Le contexte a tout changé. Les menaces ne viennent plus seulement des armes. Elles circulent aussi par les virements, les sociétés écrans, les identités numériques falsifiées. Les groupes criminels et terroristes financent leurs opérations via des circuits de plus en plus invisibles.
Face à cela, le travail des compliance officers devient stratégique. Vérifier l’origine des fonds. Scanner des millions de transactions. Repérer une anomalie. Alerter la CENTIF. En apparence technique, ce travail est en réalité une ligne de défense de premier plan.
L’IA, arme des fraudeurs et bouclier des États
La GRCRO 2026 a placé cette question au cœur des débats. Les fraudeurs utilisent désormais l’IA pour générer des faux documents, créer des deepfakes, automatiser des escroqueries. Mais les États répliquent avec les mêmes outils.
Le machine learning permet aujourd’hui de détecter des schémas de blanchiment invisibles à l’œil humain, d’analyser en temps réel des flux massifs et d’anticiper les risques. C’est cette course technologique qui a structuré les échanges à Lomé.
Me Nikada Batchoudi, DG de l’Africa Compliance Academy et président de l’ATCO, l’a dit clairement : l’attractivité d’un pays ne se mesure plus seulement à ses routes ou à ses ports. Elle se mesure aussi à la crédibilité de son système financier. Le Togo, selon lui, construit cette crédibilité brique par brique autour de trois mots : intégrité, transparence, confiance.
Des résultats concrets
Cette stratégie porte. Le Togo n’apparaît pas sur la liste grise du GAFI, alors que plusieurs pays du continent y figurent encore. Un signal fort pour les investisseurs.
Cette performance est le fruit d’un travail de fond mené avec la HAPLUCIA, la CENTIF-Togo, l’ACA et l’ATCO. L’objectif : arrimer le pays aux standards internationaux tout en développant une expertise locale.
Après les fondations posées en 2024 et la consolidation de 2025, l’édition 2026 de la GRCRO marque le passage à la vitesse supérieure. L’ambition est désormais de structurer un écosystème africain complet : formation, outils, coopération régionale, partage de données.
En remettant ce Prix panafricain à Faure Gnassingbé, les experts de la conformité ont voulu saluer cette vision. Celle d’un continent capable de produire ses propres réponses face aux crimes financiers de demain. Et celle d’un Togo qui choisit de jouer le rôle de forge.

